Des fibres de chanvre en sous-couches routières

 

souscouchesroutierescharier

Du chanvre sous nos routes ? L’Entreprise CHARIER a mis au point un procédé qui incorpore des fibres végétales dans la couche de forme supportant les chaussées neuves. Baptisé SATIS © , il consiste à mélanger des fibres de chanvre naturel avec un liant hydraulique composé de ciment et d’eau pour réaliser les plates-formes de terrassement routières ou industrielles sur lesquelles sera ensuite étendu le bitume. Cette solution permet une augmentation de la résistance à la traction et à la fatigue des sous-couches, une diminution de l’apport de granulats, une réduction des épaisseurs d’enrobés bitumeux, une diminution du coût. Au final, les avantages sont donc écologiques et économiques.
Toujours à la recherche de solutions innovantes, l’Entreprise CHARIER expérimente depuis quelques mois son nouveau procédé SATIS © , un support de structure de chaussée – ou couche de forme – dans lequel on incorpore des fibres naturelles de chanvre. Utilisé pour la réalisation de nouvelles chaussées ou plateformes industrielles supportant un trafic lourd, ce procédé consiste à mélanger le sol préalablement nivelé et traité avec du ciment et des fibres de chanvre sur une profondeur de 35 cm.

Avantages techniques et économiques
« En incorporant des fibres de chanvre dans le sol, puis en les mélangeant à un liant hydraulique, on augmente d’environ 20 % la résistance à la traction et à la fatigue par rapport à des sous-couches traitées de façon classique, tout en réduisant les risques de fissuration. L’ajout de fibres se révèle donc un moyen pertinent pour améliorer les performances mécaniques », précise Valéry FERBER, directeur Environnement et Innovation de l’Entreprise CHARIER.

De plus, avec SATIS © les épaisseurs des structures de chaussée sont réduites d’une vingtaine de centimètres, puisqu’on utilise moins de granulats et qu’on réduit l’épaisseur de la couche d’enrobé bitumineux, de 4 à 5 cm. « Même si la fibre de chanvre est un produit relativement cher, les économies de bitume et de granulats compensent largement ce surcoût. Au final, l’économie réalisée sur la structure de la chaussée complète est suffisamment significative pour que les donneurs d’ordre y trouvent un intérêt », affirme Valéry FERBER.

Un procédé respectueux de l’environnement
Selon une étude sur l’analyse du cycle de vie réalisée par des étudiants de Polytech Nantes dans le cadre d’un projet d’études mené avec la chaire Génie Civil Eco-Construction, le procédé SATIS © améliore les huit principaux indicateurs de 2 à 9 % par rapport à un procédé classique. Ces indicateurs prennent en compte les consommations d’eau et d’énergie, l’effet de serre, l’acidification, la toxicité chronique, l’écotoxicité, l’eutrophisation, l’ozone troposphérique. « Ce qui est particulièrement rare, souligne Valéry FERBER, c’est qu’il n’y ait pas d’effet de report, c’est-à-dire que l’amélioration d’un indicateur n’induise pas la détérioration d’un autre indicateur ». Bref, c’est un procédé « bon pour la planète » !


Partenariats et chantiers expérimentaux
Pour arriver à ce résultat, l’Entreprise CHARIER a noué des partenariats. Elle a notamment collaboré avec le laboratoire LMDC de l’Université Paul Sabatier de Toulouse et avec l’IFSTTAR (Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux), spécialisés dans la durabilité des matériaux du génie civil. « Dans un premier temps nous avions procédé à des essais avec de la paille, mais ceux-ci ne se sont pas montrés concluants. Après plusieurs essais, le chanvre s’est révélé le matériau le plus intéressant », explique Valéry FERBER.
Les fibres de chanvre sont fournies par la coopérative CAVAC qui dispose d’un outil industriel à Ste-Gemme-de-la-Plaine en Vendée, dédié à la production de biomatériaux. L’Entreprise CHARIER procède actuellement à la mise au point d’un épandeur spécifique, dédié à l’épandage homogène des fibres avant mélange avec le sol.
Afin de valider en grandeur nature la capacité à mettre en œuvre ce procédé, deux chantiers expérimentaux ont été réalisés récemment. L’un de 4 000 m² sur la déviation Nord-Est de Bourges pour le compte du Conseil Général du Cher, l’autre de 10 000 m² pour la réalisation d’une voirie communale à Theix dans le Morbihan.

Contact :

Valéry FERBER
Directeur Environnement & Innovation
02 40 17 14 91 – 06 23 37 10 72
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 
Pin it